Alcool : portrait robot de ces femmes qui boivent pendant la grossesse

Deux nouvelles études publiées par Santé Publique France donnent un éclairage inédit sur la consommation d’alcool pendant la grossesse. On découvre que ces femmes sont souvent dans le désarroi et plus souvent victimes de violences au sein du couple. Des données qui pourraient offrir de nouvelles pistes de prévention.

Sommaire

  1. Alcool Info Service révèle l’inquiétude des mères
  2. Les disputes au sein du couple favorisent-elles la consommation d’alcool ? 

La consommation d’alcool pendant la grossesse, concerne près de 25% des femmes enceintes”, selon l’enquête nationale périnatale de 2014 citée dans le rapport de l’agence de santé. Cette consommation expose l’enfant à de graves troubles du développement (

troubles causés par l’alcoolisation foetale). Deux études révèlent que ces mères sont souvent dans le désarroi et que cette consommation peut être en lien avec des conflits au sein du couple.Alcool Info Service révèle l’inquiétude des mèresDepuis 2007, les pouvoirs publics mènent des campagnes de prévention et d’information sur les dangers liés à la consommation d’alcool pendant la grossesse. Parmi eux, le dispositif

Alcool Info Service 0980 980 930 a pour mission d’informer, soutenir, conseiller et orienter à distance sur la question de l’alcool en France.Une étude fondée sur les appels, tchats et questions-réponses recueillis par les écoutants d’Alcool Info Service a permis de recenser trois types de sollicitations :

  • Les femmes inquiètes de toute trace d’alcool absorbé (17%) sollicitent le service entre le 3e et 7e mois de grossesse, anxieuses à l’idée d’avoir pu ingérer de l’alcool par le biais de l’alimentation
  • Les femmes qui ont bu ne sachant pas qu’elles étaient enceintes (48%). Elles sont pour 90% durant le 1er trimestre. Elles ont pour principale inquiétude une

    potentielle malformation de l’enfant.

  • Les femmes en difficulté avec l’alcool (35%) font appel à Alcool Info Service vers le 3e mois de grossesse. Honteuses et vulnérables, il s’agit de les rediriger vers des professionnels de santé en leur indiquant qu’une amélioration est possible et qu’elles peuvent sortir de cette situation

Les auteurs de cette étude insistent sur le “sentiment de culpabilité et parfois de honte ressenti par ces femmes, qui est souvent à l’origine de leur réticence à parler de leurs consommations avec un professionnel“. Des freins que l’anonymat d’Alcool Info Service permet de lever afin de leur (re)donner une capacité d’agir en fonction de leur situation et de leur possibilité.Enfin, la libération de la parole serait facilité par un changement de regard sur ces femmes. “Sensibiliser les professionnels de santé à leur accueil est l’une des premières conditions de cette évolution” concluent les auteurs.

Les disputes au sein du couple favorisent-elles la consommation d’alcool ? Une étude portée sur le mères ayant accouché d’un enfant en 2011 dans 349 maternités françaises tirées au sort rapporte que 17% des femmes interrogées déclarent avoir

consommé occasionnellement de l’alcool pendant la grossesse et 4% estiment en avoir consommé régulièrement.Une majorité d’entre elles (79.6%) ont déclaré ne pas avoir consommé d’alcool pendant leur grossesse. Parmi celles qui rapportent en avoir consommé (occasionnellement ou régulièrement), les chercheurs observent un lien entre leur consommation d’alcool et l’apparition de disputes au sein de leur couple : “2 femmes sur 5 ont déclaré avoir vécu une dispute avec leur conjoint quelquefois ou souvent durant la grossesse” et “12% ont déclaré avoir subi des insultes ou des paroles blessantes“. Concernant les grossesses des femmes qui ne sont pas en couple, l’étude n’a relevé aucun sur-risque de consommation d’alcool.Les auteurs supposent donc que les femmes auraient tendance à consommer de l’alcool pour faire face au stress et à la souffrance engendrés par les conflits au sein du couple. A l’inverse, on ne sait pas si ces femmes n’auraient pas plus tendance à se lier avec des conjoints plus violents ou si c’est leur consommation d’alcool qui engendre des conflits.Dans tous les cas, les experts estiment que “les violences verbales au sein du couple devraient être systématiquement évaluées durant le suivi prénatal et prises en compte dans des interventions ciblant les comportements à risque des femmes durant la grossesse“.

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